MARLÈNE
Aaah!!! Laissez moi clamer mon amour pour la rose
Celle qui surgit au milieu des ronces, comme une caresse offerte au vivant
Laissez moi vous dire sa beauté et sa chaleur :
La rose, la vraie , la première
est une espèce rare …
Elle existe encore, et parcourt les sentiers montagneux en silence, là où personne ne la
regarde…
Elle a laissé le devant de la scène aux hybrides et parfumées
Et a construit son chemin le long d’un cours d’eau claire,
entre poules et chèvres
Loin des cris des marchés et des saints à fêter
Elle hume les saisons et,
Le printemps venu, le pied nu,
Elle enfonce ses orteils dans la terre, ouvre ses bras vers le ciel
et rit d’amour au soleil,
Éclat d’enfant
Silencieuse, elle respire, doucement,
Pleinement, ivre de paix et de joie.
Elle exulte et exhale
le parfum de la tendresse,
la douceur de la solitude ancrée,
Et la simplicité du pain partagé.
Elle se promène dans son jardin, entre chats et chevreuil, le cœur grand ouvert, la tige bien
droite, quelques pétales graciles,
velours fragiles
Elle danse avec le vent ,
ni fière ni envieuse des pivoines ou des dahlias aux plumages fournis…
C’est une fleur sauvage, les vraies roses n’existent pas chez le fleuriste…
C’est une rose primitive, neuve et intacte, pure.
Une rose au milieu des ronces…
Si forte et si frêle à la fois
Sa voix, légère et ample résonne comme un rire ancien, celui d’avant
Avant le monde et les fleuristes…
Elle se promène, libre et heureuse.
Et je l’aime. …….
à M.
AnNa Maure-Foz