HOUBLON DE SANG
Un ange étrange, œil de faucon et chevelure de démon
la main courte et noueuse, massive et sans veine
le cuissot lourd comme la peine, dur comme le béton
et ses larmes tenues et retenues qui enflent la Seine!
Le houblon de sang coule et irrigue ses vieilles artères
et de rues en ruelles, le bon vin un peu plus l’enterre
Il se promène, le vers et le cœur à la main
ivre de caresses solitaires et sans lendemains
épousant à chaque souffle sa meilleure amie
celle qui le traîne, ébahi,
sa douce Mélancolie
Et ses lèvres charnues et closes et serrées doux
petit baiser sur les miennes déposé
comme sur un verre de vieux vin déjà épuisé
pâle reflet d’un instant volé et très passé
Il naîtra pourtant
de ses doigts soyeux
et de son âme déjà perdue dans les cieux
le silence et la sentence
«c’est mon analyse !»
couperet tombé comme la vague qui se brise,
violentes et douces mélodies,
échappées éclatées de tout son être
que seuls les larmes et tourments des hauts éthers savent faire naître
Le houblon et le vin de sang à chaque heure coulent et irriguent ses vieilles artères
et de pots en peaux, ses douces mies, mélancolies, queue et lie, un peu plus l’enterrent
AnNa Maure-Foz,
à S.G-G, métaphysicien Baudelairien du néant,
Et le délictueux P-R.L qui dort en son sein sombre…
Penmar'ch